ARTPEGGIOS-L’apprentissage musical et artistique au coin d’Earls Court

 En octobre 2012, l’école de musique bilingue Artpeggios ouvrait ses portes au coeur d’Earl’s Court, à deux pas du quartier français. Un an et demi plus tard, le bilan est plus que satisfaisant. Entretien avec Jacques Nazaire, son co-fondateur.

(crédit photo: site internet de Jacques Nazaire)

Premier contact

Il n’est pas rare de mettre un peu de temps à trouver ses repères lorsqu’on arrive dans une ville de la taille de Londres. Ce fut mon cas. Je cherchais une école de musique, ou un conservatoire, comme on l’appelle souvent dans l’Hexagone. Mais le système anglais semblait bien différent, et quelque peu plus complexe, que celui auquel nous sommes habitués en France. Néanmoins, étant donné l’importance et le dynamisme de la communauté française dans la capitale, l’existence d’une école de musique bilingue semblait être une évidence. C’est là que Jacques Nazaire et Guillaume Bonpun entrent en scène.

Nous avons donc rendez vous à la sortie du métro Earl’s Court, où se trouve depuis près d’un an et demi Artpeggios, depuis l’ouverture en octobre 2012. Dès l’accueil, nos oreilles s’habituent vite au passage du français à l’anglais, et l’on comprend pourquoi l’école se réclame bilingue. A première vue, il semble y avoir peu de place pour le nombre d’élèves qui défilent. Et pourtant, aux étages supérieurs, on remarque rapidement que le matériel investi est conséquent, permettant ainsi à l’élève d’avoir toutes les cartes en mains pour développer sa créativité : studio d’enregistrement, table de mixage et matériel de dessin, pour n’en citer qu’une infime partie.

   

(source photo: site internet Artpeggios)

L’histoire d’Artpeggios

“Au départ, cela faisait un peu plus de 10 ans que je donnais des cours de guitare à la communauté française. Guillaume, à qui je donnais des cours de basse, un jour m’a proposé d’ouvrir une école. J’ai de suite dit oui”. Jacques Nazaire est le co-fondateur d’Artpeggios. Guitariste talentueux, peintre méritant et travailleur acharné, il dit lui même “avoir passé 10 heures par jour sur sa guitare“. De Paris à Bangkok, en passant par New-York, il pose ensuite ses valises à Londres, où il est diplômé d’un BMus et un MMus à Goldsmith University. Avant de démarrer l’aventure Artpeggios. “J’ai un peu mis toutes mes expériences artistiques pour faire cette école. Il y a de la musique, de l’art, du théâtre”, mais aussi certaines approches plus originales, comme l’apprentissage du manga.

Ce qui ressort de cet entretien, c’est l’envie assumée de se démarquer de l’image des conservatoires français, jusqu’à y préférer le terme “école de musique et d’art”“Le terme conservatoire ressemble à conservateur, il y a un côté assez pompeux”. Une idée qui se cristallise notamment dans la différence entre les systèmes anglais et français. “En France, si l’on souhaite avoir une éducation musicale, on est plus ou moins obligé de passer par un conservatoire, à moins d’être autodidacte. C’est un système dur, à mon avis trop conservateur”. En Angleterre au contraire, l’apprentissage de la musique et des arts serait bien plus important dans le système scolaire, au point que certaines écoles aient des ressources très importantes, bien plus importantes “que le lycée français de Londres”, par exemple. “Ce que j’ai voulu qu’on fasse, c’est donner l’accès à n’importe qui à des moyens professionnels, afin d’apprendre dans les meilleures conditions possibles”.

   

(source photo:  Sonia Dyens-Fitoussi)

Une ambition différente 

Pour cela, il s’entoure notamment d’une équipe aux profils variés, mais avec comme point commun “l’envie de transmettre”“Le contact humain est ce qui reste prédominant”, même avec l’avènement d’internet et la possibilité d’apprendre la musique par soi même. Par cet aspect, Artpeggios s’éloigne toujours plus du système français, assez rigoureux, et qui connait un fort taux d’abandon, notamment à cause des successions d’examens et de la mise en avant du solfège au détriment de l’instrument. “Il suffit d’avoir envie, et d’être curieux. Il faut se laisser emporter vers une façon d’apprendre qui n’est peut être pas classique, mais qui peut nous emmener loin, en s’amusant. Car c’est l’essentiel : apporter de la joie”, raconte Jacques Nazaire, le sourire aux lèvres.

Un an et demi après son ouverture, Artpeggios semble donc atteindre l’objectif que ses fondateurs s’étaient fixés. Que peut-on alors leur souhaiter pour la suite ? “Le palier suivant serait d’ouvrir une autre partie de l’école, dans un autre quartier de Londres“, avoue t-il.“La communauté française s’éparpille, il y a donc plein d’endroits où l’on peut aller. On étudie cette possibilité”. En attendant, Artpeggios attend de pied ferme n’importe quel amoureux de la musique et de l’art. Il n’y a plus qu’à vous lancer.

Cindy Jaury (www.lepetitjournal.com/londres) jeudi 27 mars 2014

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s